par Elizabeth Piper, Andrew MacAskill et Alistair Smout
Keir Starmer est apparu mercredi plus fragilisé que jamais à son poste de Premier ministre en Grande-Bretagne alors même qu'il espérait profiter du traditionnel discours du roi devant le Parlement pour reprendre la main sur le calendrier politique.
Alors que Keir Starmer et son gouvernement écoutaient silencieusement Charles III lire devant les parlementaires réunis à la Chambre des Lords le discours rédigé par le Premier ministre pour exposer ses projets pour les mois à venir, cet événement entouré de pompe a été éclipsé par une information du Times selon laquelle son ministre de la Santé, Wes Streeting, s'apprête à démissionner dès jeudi pour contester officiellement sa position à la tête du Parti travailliste.
Il s'agirait de la principale défection depuis que la fronde s'est déclarée dans les rangs des députés travaillistes à la suite de la déroute du Labour jeudi dernier aux élections locales en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles.
Les services de Wes Streeting n'ont pas répondu dans l'immédiat à une demande de réaction. Un porte-parole de Keir Starmer a déclaré que le chef du gouvernement avait pleine confiance en son ministre de la Santé mais a refusé de s'exprimer sur la rencontre organisée précédemment dans la journée entre les deux hommes au 10, Downing Street.
Wes Streeting aurait besoin du soutien de 81 députés pour se porter officiellement candidat à la tête du Labour et une telle initiative pourrait aiguiser l'appétit d'autres prétendants éventuels parmi lesquels sont évoqués Andy Burnham, maire du Grand-Manchester, et Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre.
Déjà affaibli depuis des mois par la polémique entourant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux Etats-Unis, Keir Starmer, en poste depuis moins de deux ans, espérait tirer parti de la solennité du rendez-vous traditionnel fourni par le discours du souverain à la Chambre des Lords pour gagner un répit.
Il n'a toutefois guère proposé de nouveau pour amadouer les plus de 90 députés travaillistes, soit près d'un quart, l'ayant déjà appelé à fixer une date pour son départ, convaincus qu'il mènerait le Labour à une défaite inéluctable lors des prochaines élections législatives prévues au plus tard en 2029.
Le discours d'ouverture de la session parlementaire prononcé par le roi mais rédigé par ses soins ne contenait essentiellement que des projets déjà annoncés pour tenter de redynamiser une économie britannique anémique.
Plaisanterie révélatrice des doutes entourant l'avenir de Keir Starmer, un parlementaire a déclenché des rires nerveux chez les élus en s'écriant en référence au maire du Grand-Manchester, alors qu'un représentant du roi venait de frapper à trois reprises à la porte de la Chambre des communes comme le veut la tradition: "Pas maintenant Andy!"
(Elizabeth Piper, Andrew MacAskill, Alistair Smout, avec William James, Muvija M, Sam Tabahriti, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)

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